"30 juin 2007 – Marche des FiertésJe marche, tu marches… nous ne marchons pas tous.
Paris, le 18 juin 2007
La Gay Pride de Riga a pu se dérouler sans que les manifestants LGBT ne soient cette année, blessés, aspergés d’excréments ou d’œufs, grâce à une impressionnante protection policière. Ce succès pour les LGBT lettons doit toutefois être relativisé, le défilé se déroulait dans un parc fermé pour l’occasion et la pride homophobe et son festival «Le monde contre l’homosexualité» organisés en parallèle, ont rencontré un vif succès.
À Bucarest aussi, la pride a pu se tenir fin mai, mais 700 policiers ont été mobilisés pour encadrer 300 manifestants LGBT. Les opposants, aussi nombreux que les manifestants, ont jeté des pierres et des pétards et seuls des tirs de gaz lacrymogène ont pu en venir à bout.
L’organisateur de la Gay Pride de Moscou a été condamné le 9 juin 2007 pour obstruction à la circulation et désobéissance aux forces de l’ordre.
Le maire de Moscou n’avait pas autorisé la pride, les extrémistes de droite et religieux n’ont pas hésité à frapper les quelques militants LGBT russes et étrangers présents. La police a sans management et sans faire de distinction, embarqué les militants LGBT et leurs agresseurs.
Si la pride de Tel-Aviv a pu se dérouler sans incident grave à déplorer, les organisateurs de la pride de Jérusalem, interdite en 2006, ont longtemps été plongés dans une grande incertitude. Le parlement israélien a adopté en première lecture un projet de loi visant à interdire la pride dans Jérusalem. Le texte inspiré par le maire de Jérusalem, juif religieux orthodoxe, pourrait être adopté à l’issue des trois prochaines lectures nécessaires pour lui donner force de loi, il interdirait alors toute manifestation «susceptible de troubler l’ordre public, heurter les sentiments des habitants ou pour des raisons religieuses».
La police de Jérusalem a quant à elle simultanément autorisé la tenue de la pride dans Jérusalem et un rassemblement d’ultra orthodoxes opposés à cette «abomination» à l’entrée de la ville. Sept mille policiers seront mobilisés pour assurer la sécurité de la manifestation. En 2005, trois participants avaient été poignardés par un ultraorthodoxe.
Même dans certains pays européens, il reste difficile d’organiser sereinement une pride LGBT et ce n’est toujours pas envisageable dans beaucoup de pays dans le monde. L’homophobie d’état a plusieurs visages et certains sont redoutables.
À Paris, le 30 juin, nous marcherons joyeusement mais avec fermeté.
Le mot d’ordre choisi cette année par l’Inter-LGBT est «Égalité: ne transigeons pas».
En France, nous ne subissons plus de répression, mais nous avons toujours des revendications et sommes mobilisés pour les faire aboutir.
En particulier et parce que l’égalité des droits ne se négocie pas, les citoyens que nous sommes ne voulons pas du contrat d’union civile proposé par M. Sarkozy, voulons que le pacs soit amélioré, voulons obtenir le mariage, voulons que les gays et [les] lesbiennes puissent vivre leurs projets de parentalité (ouvrir l’AMP* et l’adoption aux couples), voulons plus de prévention et d’éducation pour mieux lutter contre les LGBT phobies, voulons plus de moyens pour mieux lutter contre le sida et améliorer la vie des personnes malades, voulons faciliter le quotidien des personnes trans., voulons que l’État français soit plus solidaire vis-à-vis des personnes LGBT menacées dans leur pays.
Cette année encore, le programme proposé par le Centre LGBT Paris IDF pendant la semaine de la Marche des fiertés, est riche en événements (débats et animations conviviales et festives).
Nous invitons toute personne attachée aux valeurs d’égalité et de liberté à nous rejoindre toute cette semaine-là au Centre pour participer aux diverses manifestations proposées, puis le samedi 30 juin, dans le cortège de la Marche des Fiertés, derrière la banderole du Centre ou de l’association de son choix.
* Assistance Médicale à la Procréation"
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire